Si vous n’êtes pas Einstein, misez sur l’intelligence collective !

On compare parfois une entreprise à une grosse fourmilière. Tout le monde court partout. Chacun est absorbé par sa propre mission et nos marges de manœuvre sont généralement limitées en fonction de nos compétences. Cependant, cette forme d’organisation collective se trouve de plus en plus mise à mal par l’arrivée de nouveaux modes de fonctionnement en entreprise. Aujourd’hui, la création d’intelligence collective devient l’intérêt majeur des entreprises.

Parce qu’avec le développement de tous nos moyens de communication, une entreprise qui ne cherche pas à être source d’intelligence collective n’a aucune valeur ajoutée. Si elle n’est que le lieu où se retrouvent chaque jour des dizaines voire des centaines d’individus pour accomplir des tâches individuelles, alors elle n’a aucun avenir. Les systèmes de visioconférence, le partage de documents, les messageries instantanées, tout ça nous permet de travailler à distance les uns des autres. Alors, pourquoi se retrouver, pour certains chaque jour de 9h à 17h, dans les bureaux de l’entreprise ? Et oui, c’est pour l’intelligence collective.

Aristote, premier fan d’Internet

(Bruit de camion) Chauffe Marcel ! C’est parti pour un petit épisode de C’est pas sorcier.

Le premier à défendre les capacités intellectuelles de nous, pauvres mortels, c’est Aristote.

Si même Aristote le dit...

Selon lui, une foule peut donc produire un rendu de meilleure qualité qu’une élite. Et depuis, on l’a vérifié ! C’est Galton qui l’a prouvé en essayant… de prouver le contraire. Oups. Il a donc demandé à des experts d’estimer le poids d’un bœuf. Puis, il a demandé à un groupe d’individus lambda d’estimer le poids et il a fait la moyenne de leurs réponses. Devinez qui a trouvé le résultat le plus proche de la vérité… Bingo ! Le groupe de non-experts. Ce phénomène s’appelle la sagesse des foules.

Alors bien sûr, Galton donne quand même quelques règles à suivre pour que cela fonctionne. D’abord, il est nécessaire que les individus fassent leurs choix de manière indépendante sans subir l’influence d’un groupe d’opinion. Ensuite, et ça semble plutôt logique, il faut que les participants soient en capacité de donner une réponse un minimum pertinente. Et oui, si vous demandez à des gens dans la rue d’allier leurs cerveaux pour construire une voiture volante, il y a tout de même très peu de chances qu’ils s’en sortent. Enfin, il est important que tous les participants soient au courant de l’objectif final.

Et alors, depuis Galton me direz-vous, qu’est ce qu’on en a fait ? L’intelligence collective a trouvé toute sa résonnance avec l’avènement d’Internet. Of course ! Qu’est ce qu’Internet sinon une plateforme sur laquelle un grand (mais alors très très grand) nombre de personnes se retrouvent pour échanger sur des sujets plus variés les uns que les autres. Internet crée du lien entre une multitude d’individus créant un système d’intelligence décentralisé. Alors bien sûr, il y a des bons et des mauvais côtés mais en tout cas, ça crée une masse de réflexion jamais vue jusqu’alors.

Quelle intelligence collective pour votre entreprise ?

Finalement, l’intelligence collective chez l’Homme peut se former de deux manières différentes : de façon pyramidale (ou panoptique) ou de façon distribuée et décentralisée. Dans les deux cas, on retrouve la formation d’une intelligence collective mais avec des caractéristiques et des résultats différents.

L’intelligence collective pyramidale

C’est l’intelligence qui persiste encore majoritairement dans nos sociétés. Il s’agit tout simplement d’un système hiérarchique avec une répartition des richesses et de pouvoirs inégale. Elle permet de créer de l’intelligence collective grâce à un ordre établi de tâches.

La limite de ce système pyramidale est que la personne à sa tête possède une vue d’ensemble mais sans avoir une vue du détail. A l’inverse, les personnes à la base de la pyramide ont cette vue du détail mais pas une vue globale. C’est ce que l’on retrouve dans les entreprises hiérarchiques classiques avec un directeur qui connait le fonctionnement global de l’entreprise sans savoir dans le détail en quoi consiste les métiers de ses employés.

L’intelligence collective décentralisée

Cette intelligence collective est celle qui se développe fortement avec l’arrivée d’Internet et qui reste la plus efficace en termes d’innovation puisqu’elle permet à tout le monde d’avoir une vue d’ensemble sur la réflexion. Elle repose sur notre capacité à être une entité à part entière tout en ayant une vision d’ensemble qui nous permet d’agir en résonance avec le collectif. Ce système permet de mettre les individus sur un pied d’égalité, sans autorité supérieure, ce qui favorise l’émergence d’idées. C’est exactement le type d’organisation que l’on retrouve sur Internet avec des sites tels que YouTube ou Wikipédia. Oui, moi aussi mes profs n’ont cessé de me répéter de ne pas faire de recherches sur Wikipédia (et oui j’ai tout de même fait mes recherches sur Wikipédia… Mais pas pour cet article, promis !).

 

Wikipedia a toujours raison

 

Quoi qu’il en soit, Wikipédia fonctionne réellement sur ce système de collaboration. Il permet à n’importe qui de contribuer à la rédaction d’articles et de corriger les apports réalisés par d’autres. Pas d’autorité supérieure. Pas de hiérarchie. Le site repose sur la sagesse des foules (plus ou moins sages).

Néanmoins, ce fonctionnement décentralisé montre tout de même quelques limites. En effet, si le nombre d’individus faisant partie du groupe augmente fortement, l’équilibre se retrouve perturbé et on retrouve rapidement un modèle pyramidal avec un individu qui reprend les commandes.

Et maintenant, comment développer son intelligence en collectivité ?

Je vous ai déjà dit que je lisais dans les pensées ? Vous vous demandez ce que vous allez bien pouvoir faire de tout ça ? (à part faire le malin en disant panoptique à la machine à café). Et bien, il existe plusieurs méthodes pour favoriser la création d’intelligence collective dans vos entreprises.

Petit mais puissant

Pour être un moteur de l’innovation, privilégiez les organisations décentralisées (entreprises libérées par exemple). Et comme je le disais un peu plus tôt, cela nécessite un groupe avec un nombre d’individus assez limité. Alors pas la peine de faire une séance d’idéation à 20 personnes. Privilégiez les petits groupes s’organisant en « mode projet », des groupes qui se composent de quelques personnes ayant des profils et des compétences différentes.

Communiquez et écoutez !

C’est la règle d’or pour que ce système parce que l’absence d’autorité et de hiérarchie impose une autodiscipline de la part des participants. On a tous déjà vécu des réunions qui se transforment en anarchie parce que tout le monde souhaite s’imposer pour prendre la parole.

Vous feriez mieux d'écouter !

 

Goethe disait que parler était un besoin mais qu’écouter était un art. Et je dis bien écouter et non entendre. Non, ne faites pas comme cet ami qui vous « écoute » et qui a déjà tout oublié de ce que vous lui avez raconté 5 minutes plus tôt. On parle de plus en plus d’écoute active et cela devient une réelle compétence dans nos sociétés où nous avons davantage l’habitude d’écouter d’une oreille ses collègues tout en lisant nos mails. Finalement, les voix deviennent des sons et ne retiennent même plus notre attention.

Un très bon exercice pour développer votre capacité à écouter attentivement est d’essayer de reformuler ce que dit votre interlocuteur. Cela vous permettra de comprendre l’essentiel du message qu’il souhaite vous transmettre.

Faites preuve d’empathie

Oups, j’ai dit le mot qu’il ne fallait pas. Maintenant vous allez croire que je vais vous sortir un discours édulcoré sur l’importance de prendre soin des gens qui nous entourent et d’aider toutes les mamies du monde à traverser la route. Je pourrais… Mais non.

Je suis sûre que cette mamie traverse la route toute seule !

L’empathie est un savoir-être très important en entreprise. Il vous permet d’écouter, de comprendre et d’entretenir de bonnes relations avec vos collègues, ce qui pourrait s’avérer plutôt agréable pour travailler avec eux (après moi je dis ça, vous en faites ce que vous voulez).

Pour vous aider à développer votre empathie, voici les trois dimensions qui la composent :

  • L’empathie cognitive qui est la capacité à comprendre l’opinion de votre interlocuteur.
  • L’empathie émotionnelle qui vous permet de ressentir ses émotions.
  • Le souci empathique vous aide à comprendre ce que l’autre attend de vous.

Quel est l’enjeu en réunion par exemple ? Faire preuve de plus d’innovation et moins d’autocensure. Être dans une posture beaucoup plus ouverte permet de donner de nouvelles idées et d’accueillir celles des autres. Les séances de création sont ainsi plus constructives puisque l’objectif n’est plus de défendre vos idées mais de comprendre comment vos idées et celles des autres peuvent s’imbriquer pour créer la meilleure solution possible. Top non ? Quand est ce qu’on s’y met ? 😉

 

Pour plus d’informations sur le sujet, deux vidéos :

  • Une conférence de Jean-François NOUBEL ici.
  • Une vidéo de la chaine YouTube DirtyBiology juste .
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